XVIIIe siècle

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Auteur de cet article : Jonathan Vaucher
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Le XVIIIe siècle se déroule de 1701 à 1800. Cette page liste les principaux événements de ce siècle à Metz et le contexte historique français et mondial à la même époque.

Le XVIIe siècle à Metz

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Blondel.

Depuis 1648 et le traité de paix de Westphalie, Metz et les Trois-Évêchés sont officiellement annexés au royaume de France. Sa position stratégique sur le front nord en fait une place forte face au Saint-Empire romain germanique aux territoires très réduits. Durant le XVIIIe siècle, Metz s’affirme comme une place forte stratégique et voit son rôle militaire renforcé, notamment dans le cadre des rivalités persistantes avec les puissances voisines. Cette fonction stratégique s’accompagne d’un développement administratif et urbain. Metz devient un centre important du pouvoir royal en Lorraine, accueillant institutions militaires et administratives, dans un contexte de centralisation accrue de l’État.

À Metz, la rue des Jardins est percée par les urbanistes de la ville en 1754. Cette nouvelle rue fait partie d'un projet de grande ampleur commandé par le maréchal de Belle-Isle. En juillet, il demande à Jacques-François Blondel de réaménager complètement la place devenue place d'Armes.

La Société d’étude, des sciences et des arts de la ville de Metz est fondée à Metz en 1757. La construction de la nouvelle église de l'Abbatiale Sainte Glossinde se termine.

Blondel dessine le nouvel hôtel de ville dans sa grande phase de reconstruction de tout l'ensemble cathédrale-mairie en 1761. La rue des Jardins est terminée [1]. Le maréchal d'Estrées, qui a tenu tête à Frédéric II de Prusse en 1757, Louis Charles César Le Tellier, devient gouverneur de Metz et gouverneur des Trois Évêchés, suite à la mort du Maréchal de Belle-Isle, Charles Louis Auguste Fouquet de Belle-Isle.

Contexte historique

Un début de siècle sous le règne de Louis XIV

Le XVIIIe siècle s’ouvre dans la continuité du règne de Louis XIV (1643–1715), marqué par une monarchie absolue à son apogée mais aussi par un royaume affaibli par les guerres et les difficultés économiques. La fin du règne est notamment dominée par la guerre de Succession d’Espagne (1701–1714), qui mobilise une grande partie de l’Europe.

À la mort de Louis XIV en 1715, son arrière-petit-fils (et issu de la dynastie des Bourbons) lui succède sous le nom de Louis XV, alors âgé de cinq ans. Une régence est assurée par Philippe d’Orléans (1715–1723), période marquée par un assouplissement relatif du pouvoir et des tentatives de réformes.

La Lorraine entre indépendance et influence française

Au début du XVIIIe siècle, la Lorraine retrouve une certaine autonomie à la suite du traité de Ryswick (1697), qui restitue le duché à son souverain. Toutefois, cette indépendance reste fragile dans un contexte de forte influence française.

Le tournant majeur intervient avec la guerre de Succession de Pologne (1733–1738). L'empereur du Saint-Empire depuis 1711, Charles VI, propose un traité de paix en 1736 à la France (qui sera signé en 1738). Sous occupation française depuis 1633 mais officiellement possessions du Saint-Empire enclavées dans le royaume de France, François III de Lorraine (futur empereur François Ier du Saint-Empire) renonce aux duchés de Lorraine et de Bar et récupérés par la France. François obtient alors la Toscane. Louis XV donne alors les duchés à son beau-père, Stanislas Leszczyński, en échange de l'abandon de la couronne polonaise. Ces titres sont donnés « en viager », ce qui signifie que la Lorraine ne reviendra à la France que le lendemain de la mort de Stanislas, soit le 24 février 1766.

À ce moment, le duché de Lorraine est définitivement rattaché au royaume de France. Cet événement marque une étape majeure dans l’histoire du territoire, qui perd son indépendance politique pour être pleinement intégré à l’État français.

Le siècle des Lumières et les transformations de la société

Le XVIIIe siècle est également marqué par un profond renouveau intellectuel avec le mouvement des Lumières, qui promeut la raison, la science et la remise en cause des autorités traditionnelles. Des penseurs comme Voltaire, Jean-Jacques Rousseau ou Montesquieu participent à la diffusion de ces idées à travers l’Europe.

En France, ces évolutions intellectuelles s’accompagnent de transformations économiques et sociales. Le développement du commerce, de la bourgeoisie et des échanges contribue à faire évoluer la société, tandis que les inégalités et les tensions persistent.

Un royaume en difficulté et des tensions croissantes

La seconde moitié du siècle est marquée par plusieurs conflits majeurs, notamment la guerre de Succession d’Autriche (1740–1748). Mais les tensions montent entre la France et la Grande-Bretagne sur les possessions en Amérique du Nord. Le 28 mai 1754, un détachement français est attaqué par les Britanniques sous le commandement du jeune George Washington, futur président des États-Unis. Cette bataille amènera à la guerre de Sept Ans (1756–1763), qui affaiblit durablement la France sur le plan militaire et financier.

Au début de la Guerre de Sept Ans, la France est en guerre contre la Grande-Bretagne et la Prusse de Frédéric II principalement, avec le soutien de quelques états allemands du Saint-Empire et le Portugal. Elle peut compter dans ses allies l’Autriche, la Russie, la Suède puis en 1762 de l’Espagne. Le 1er mai 1756, la signature du deuxième traité de Versailles renverse les alliances : le royaume de France abandonne son alliance traditionnelle avec la Prusse pour se rapprocher de l’Autriche. L'alliance renforce les liens et l'appui militaire de l'Autriche mais coûte très cher à la France, qui s’embourbe dans la guerre et subit ensuite des revers. Grâce à deux batailles importantes en fin d'année à Rossbach et Leuthen, la Prusse affirme sa puissance militaire face à cette alliance.

Le conflit s'enlise ensuite en Europe mais c'est en Amérique du Nord et en Inde que les Britanniques prennent le dessus sur les Français. Louis XV cherche alors à gagner la paix contre les Anglais. Mais avec le Pacte de famille le 15 août 1761, l'Espagne entre en guerre aux côtés de la France avec les Bourbons espagnols, ce qui retarde le traité de paix. La Russie, à la mort de la tsarine Elisabeth Ière en 1762, se rapproche de la Prusse grâce à son successeur Pierre III, un tournant.

Sous le règne de Louis XV (1715–1774) qui poursuit une politique expansionniste, puis de Louis XVI (1774–1792), le royaume connaît des difficultés croissantes : crise financière, contestation politique et incapacité à réformer en profondeur le système fiscal et administratif. Louis XV échappe à un attentat le 5 janvier 1757, ce qui renforce l'image d'un roi fragilisé. Le 24 mars, le duc d'Estrées Louis Charles César Le Tellier est fait maréchal. C'est sous le maréchal d’Estrées que la France tient tête à l'armée prussienne et prend Hanovre dans la guerre contre Frédéric II de Prusse.

Ces tensions s’inscrivent dans un contexte international en mutation, marqué notamment par l’indépendance des États-Unis en 1776, qui diffuse des idées nouvelles sur la liberté et la souveraineté.

La Révolution française et la fin de l’Ancien Régime (1789)

Ces déséquilibres aboutissent à la Révolution française en 1789, qui met fin à la monarchie absolue et à l’Ancien Régime. Les transformations politiques, sociales et administratives qui en découlent bouleversent durablement la France et ses territoires.

Pour la Lorraine et Metz, déjà intégrées au royaume depuis 1766, la Révolution marque le début d’une nouvelle organisation territoriale et politique, avec la création des départements et la disparition des anciennes structures féodales.

  1. (fr) BARBIAN Fabrice, FLAYEUX Isabelle, Metz d'antan, Metz : Hervé Chopin éditions, 2011 (ISBN 978-2357200784)